Bertrand Tavernier, contre l’oubli

Publié le jeudi 25 mars 2021


Action Professionnelle, Communiqué, Actu2, Agenda


Témoin de son temps, il l’aura tout autant marqué. Les auteurs et les autrices de la Scam saluent avec émotion la mémoire de Bertrand Tavernier.

Auteur, réalisateur, scénariste, producteur, écrivain et critique, il a su partager son amour du cinéma et de celles et ceux qui le font. Son œuvre immense, éclectique et engagée, marque non seulement l’histoire du 7e art mais laisse une empreinte indélébile dans la transmission de notre mémoire collective.

De sa riche filmographie, la Scam salue évidemment son œuvre documentaire et sa prédilection pour les sujets de société.
À l’heure où la France se penche sur son histoire, et sur la réconciliation des mémoires notamment avec l’Algérie, on se souvient qu’il signait il y a trente ans déjà avec Patrick Rotman, ce documentaire mémorable La Guerre sans nom, où pour la première fois des témoins dévoilaient devant sa caméra les drames vécus et tus jusqu’alors.
En 1991, Contre l’oubli, film collectif réalisé par une trentaine de réalisateurs, dont Alain Resnais et Jean-Luc Godard, témoignait du devenir des prisonniers politiques. En 1994, il produit Veillées d’armes, film de montage où de Mayerling à Sarajevo, Marcel Ophuls s’intéresse au journalisme en temps de guerre.
Véritable film de rencontres qui s’inscrit dans une lignée très restreinte de documents passionnants sur la vie en banlieue, De l’autre côté du périph, réalisé avec son fils Nils en 1997, donnait de la banlieue une image juste et nuancée à rebours des descriptions misérabilistes et lieux communs.

En nous léguant Voyage à travers le cinéma français, il avait fait sien ce proverbe africain, « un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle ». Ce film magistral et néanmoins intimiste, son hymne d’amour, surtout, au cinéma français, constitue un patrimoine audiovisuel inestimable sur les grands réalisateurs français du XXe siècle, que lui seul pouvait réaliser.

Le portrait ne serait pas complet sans évoquer l’homme engagé. Il répondait toujours présent quand on le sollicitait pour signer une pétition ou une tribune, pour défendre un créateur menacé ou lutter contre une censure. Il initiait même certains combats ; C’est lui qui, fin 2020, avait saisi la Scam pour s’insurger contre la suspension par un conseil régional des aides au documentaire, pour « raison politique évidemment ».

Contact presse

Astrid Lockhart
06 73 84 98 27 - astrid.lockhart@scam.fr

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