La Scam au FIDMarseille 2018

Du mercredi 11 juillet
au vendredi 13 juillet 2018


à Marseille


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Pour cette 29e édition du festival international du documentaire de Marseille, la Scam propose deux séances spéciales consacrées à Luc Moullet et à Stefano Savona et une écoute collective, la 18e Nuit de la radio au MuCEM .

Rencontre, Prix et bourses, Festival, Audiovisuel et cinéma, Radio, action culturelle, Actu1, Agenda


Hommage à Luc Moullet, 
lauréat du Prix Charles Brabant 2018 de la Scam pour l’ensemble de son œuvre

Projections jeudi 12 juillet à 11h à l'Alcazar
Vendredi 13 juillet à 10h au Cinéma Les Variétés

Barres

France, 15’, 1985, Les Films d’Ici
"Utilisant fréquemment le métro parisien, j’avais été émerveillé par la ruse, l’art et la grâce des fraudeurs face aux barres et tourniquets - le terme officiel est tripode - qui ouvrent l’accès aux quais. J’ai essayé de restituer pour l’éternité ces multiples pratiques vouées à l’oubli (ainsi que l’évolution des moyens de dissuasion, toujours plus sophistiqués). J’en ai rajouté quelques-uns, assez gratinés, que j’ai inventé. Il y a donc du documentaire (reconstitué) et de la fiction dans
Barres, presque entièrement tourné en studio : on ne nous aurait pas permis de filmer à l’intérieur de l’enceinte du métro, vu l’importance quelque peu bienveillante accordée par nous à la fraude. J’ai aussi établi une sorte de catalogue de tous les bruits insolites particuliers au métro et à son arsenal répressif. Après la diffusion de Barres, la fréquentation des rames s’est accrue : les gens prennent le métro, non plus pour se déplacer, mais pour admirer le spectacle des fraudeurs, ou la victoire de l’art sur l’utilité." 
Luc Moullet

Foix

France, 13’, 1994, Les Films d’Ici
Sur un sujet très conventionnel - la description d'une petite ville française -, Luc Moullet propose un film extrêmement insolite : il a découvert la ville la plus ringarde de France. Sur un ton apparemment neutre, il décrit les caractéristiques de cette ville de l’Ariège.

Essai d’ouverture

France, 10’, 1988, Les Films d’Ici
« Je suis apraxique. J’ai toujours eu le plus grand mal à ouvrir les vieux litres de coca-cola en verre. J’ai donc décidé d’en faire un film, qui exagère quand même la difficulté d’un tel travail. Je commence à dix ans à essayer d’ouvrir une bouteille de coca, et n’y parviens avec aisance que le jour de ma mort, quand j’ai les cheveux blancs. Une saga minimaliste, imitant Le Lutrin de Boileau, et recomposant les Transports urbains de Gibaud. Tourné en trois jours, il a coûté moins de 40 000 francs et en a rapporté quatre fois plus. Je l’ai tourné il y a près de vingt ans, et il a toujours beaucoup de succès. Il a même des émules comme Ouvertures faciles d’Hernandez. C’est mon film qui fait le plus rire, plus même que mes longs-métrages. Peut-être suis-je plus doué pour les durées courtes ... . »
Luc Moullet

Stefano Savona, 
L’Œil d’or 2018 - Le Prix du documentaire initié par la Scam au Festival de Cannes.

Projection mercredi 11 juillet à 20h30 à la Villa Méditerranée 

Samouni Road

130'- Picofilms, Dugong Films, Alter Ego Production - 2018
Dans la périphérie rurale de la ville de Gaza, la famille Samouni s’apprête à célébrer un mariage. C’est la première fête depuis la dernière guerre. Amal, Fouad, leurs frères et leurs cousins ont perdu leurs parents, leurs maisons et leurs oliviers. Le quartier où ils habitent est en reconstruction. Ils replantent des arbres et labourent les champs, mais une tâche plus difficile encore incombe à ces jeunes survivants : reconstruire leur propre mémoire. Au fil de leurs souvenirs, Samouni Road dresse un portrait de cette famille avant, pendant et après l’événement qui a changé leur vie à jamais.


La 18e Nuit de la radio

Écoute collective jeudi 12 juillet à 21h au Mucem

Casque sur les oreilles, au coucher du soleil, venez (re)découvrir des pépites mythiques de l’histoire de la radio, dénichées dans les archives de l’Ina. Construite cette année sur le thème Le jour tombe, la nuit se lève – programme réalisé par Karine Le Bail – la Nuit de la radio s’installe sur la place d’Armes du Mucem pour une nouvelle immersion sonore.
Né en 1937 à Paris, Luc Moullet est critique aux Cahiers du Cinéma et à Arts à partir de 1956. Il réalise quelques courts-métrages remarqués avant de réaliser son premier long métrage en 1965, Brigitte et Brigitte

Luc Moullet, dont l'oeuvre repose sur une immense culture cinématographique, aborde la réalisation comme le prolongement de son travail de critique. Il devient avec son premier long métrage une sorte de franc-tireur du cinéma français. Ses films, à l'expression décalée, proches du minimalisme, célèbrent la mort du récit et surtout des genres, comme en témoigne Une aventure de Billy the Kid (1970), western français avec Jean-Pierre Léaud. En plein déferlement du cinéma pornographique, il réalise avec Antonietta Pizzorno Anatomie d'un rapport (1975), qui exalte le plaisir dans le rapport hétérosexuel. Luc Moullet se définit avant tout comme un humoriste. Toujours à cheval entre la fiction et le documentaire, il signe une ironique enquête socio-économique sur l'industrie alimentaire (Genèse d'un repas, 1978), son autobiographie distanciée (Ma première brasse, 1981) et un portrait saugrenu et ironique du monde du travail et du chômage (La Comédie du travail, 1987). Depuis 1984, il réalise un certain nombre de courts-métrages humoristiques qui recueillent l'estime de la critique intellectuelle. Il reste proche des médias, de la communication, il parle de son temps, il observe la société. Tout cela avec douceur et humour, non sans quelque ironie. Il tourne ainsi Imphy, capitale de la France (1995), Le ventre de l'Amérique et L'Odyssée du 16/9ème en 1996. Il est à la fois devant et derrière la caméra dans Nous sommes tous des cafards, en 1996. Il sort en moyenne un court-métrage par an et son œuvre est toujours présente aujourd'hui, avec Les Naufragés de la D17 en 2002. En 2007, il tourne Le Prestige de la mort pour lequel il est également scénariste et acteur (il joue son propre rôle). Il tourne aussi Jean-Luc selon Luc (sur le travail de Jean-Luc Godard).

Stefano Savona est né à Palerme en 1969. Archéologue et anthropologue de formation, il travaille comme photographe indépendant quelques années. Il se consacre depuis 1999 à la réalisation et à la production de films documentaires. Avec Carnets d’un combattant kurde (2006), il reçoit le Prix International de la Scam au Cinéma du Réel. Plomb durci (2009) remporte le Prix Spécial du Jury au festival du film de Locarno. En 2010, Stefano Savona fonde à Paris, avec Penelope Bortoluzzi, la société de production Picofilms. Il a produit et réalisé Palazzo delle Aquile (Grand Prix du Cinéma du Réel 2011, sélection de l’ACID, Cannes 2011) et Tahrir Place de la Libération, sorti en salle en France en 2012, qui a obtenu le David di Donatello et le Nastro d’Argento du Meilleur Documentaire en Italie.

Historienne, chercheuse au CNRS et enseignante à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Karine Le Bail s’intéresse aux formes d’engagement des professions artistiques au XXe siècle dans une perspective d’histoire socioculturelle, publiant notamment La musique au pas. Être musicien sous l’Occupation (« Prix de la Critique » 2016), Pierre Schaeffer, les constructions impatientes (CNRS Éditions, 2012), Jean-Louis Barrault, une vie sur scène (Flammarion, 2010). Son long compagnonnage avec les mondes de l’art et de la radio – elle a produit durant plus de vingt ans sur France Musique l’émission d’archives sonores et musicales Les Greniers de la mémoire – a nourri une pensée originale sur le son et l’écoute qui aboutit en 2018 à la création de « Saisir le son / On Sound », pôle de recherche et de création pluridisciplinaire sous l’égide du CNRS. Elle est membre du Conseil d’administration de la Scam, au titre du Collège sonore.



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