Le Lycée Pro crève l'Écran 2018

Publié le lundi 25 juin 2018


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Cette troisième édition a récompensé la classe de Seconde Bac Pro Maintenance Nautique du lycée Poinso-Chapuis de Marseille et attribué une mention spéciale à la classe de Terminale Bac Pro Assistance Soins et Services à Domicile du lycée Savary de Arras.

Prix et bourses, action culturelle, Agenda


Soucieuse de jouer un rôle dans l'éducation à l'image des élèves de Lycées Professionnels, la Scam, en partenariat avec Télérama et sous l’impulsion d'une enseignante en lycée professionnel Hélène Kuhnmunch, a lancé en 2015-2016 la première édition du Lycée Pro crève l'Écran. Cette opération met en lumière la subjectivité à l’œuvre dans les films documentaires. Il s’agit de développer l’esprit critique des élèves à l’égard des films qui traitent du réel : prendre conscience qu’ils sont toujours l’expression personnelle d’un auteur. L'objectif opérationnel est la rédaction d'une critique de film.  La critique lauréate est publiée sur le site internet du journal Télérama qui suit les élèves dans chaque étape du projet. Le lycée de l’équipe lauréate se voit également attribuer une dotation de 1.500 €, dont les élèves disposeront pour organiser la sortie scolaire de leur choix.

Au-delà de l’attribution d’un prix, ce projet est conçu pour ouvrir un dialogue au sein duquel les élèves sont - d’égal à égal avec leurs professeurs et les réalisateurs - associés à une réflexion autour de l’image. Au cœur de cette réflexion il y a le doute et l'esprit critique, ainsi que la capacité à défendre un point de vue, à contredire, à débattre.

La Scam accueille par ailleurs la formation ÉDUCATION A L’IMAGE ET PARCOURS CITOYEN, co-animée par Hélène Kuhnmunch (PLP Lettres-histoire) et François Ekchajzer (critique à Télérama). Cette formation est conçue pour ouvrir une réflexion sur le statut de l’image ; image construite et non image vérité. Comment construire l’esprit critique des élèves à l’égard des images « du réel » ? Comment, à travers la fréquentation des films documentaires, développer la volonté de participer au débat citoyen ? Comment inscrire le film documentaire dans la mise en œuvre de l’EMC (Enseignement Moral et Civique) et du parcours citoyen ?

La troisième édition du Lycée Pro crève l'Écran a mobilisé huit établissements autour de quatre films documentaires sélectionnés pour leur capacité à séduire les élèves autant qu’à les questionner : Sous surveillance de Didier Cros, Détenues de Maire Drucker, Toute ma vie j’ai rêvé de Christophe Otzenberger et La passeuse des Aubrais de Michaël Prazan. Au terme d’un processus pédagogique leur permettant de découvrir une forme filmique qu’ils pratiquent très peu, les élèves ont eu à produire une critique qui a été soumise fin avril au jury.

Le jury* a attribué le prix du Lycée Pro crève l’écran à la classe de 2nde Bac Maintenance Nautique du Poinso-Chapuis de Marseille d’Agen pour sa critique sur « Sous surveillance » de Didier Cros. L'esprit de synthèse caractérise la critique de ces élèves qui ont su concilier dans un texte relativement bref l'exposé du sujet et des conditions dans lesquelles "Sous surveillance" a été réalisé, avec l'évocation de leur perception affective et sensorielle du film, comme avec les réflexions qu'il leur a suggérées sur notre système carcéral. La mise en exergue de certaines scènes ou de certains moments qui les ont frappés produisent des images qui enrichissent notre lecture et rendent compte de l'expérience de spectateur qui a été la leur. De la belle ouvrage ! 

Il a décerné une mention spéciale aux élèves de Terminale Bac Pro Assistance Soins et Service à Domicile du lycée Savary de Arras pour leur critique du film "Détenues", de Marie Drucker. Les qualités de cœur qui s'expriment dans cette critique en font toute la saveur. En se fondant sur le souvenir des émotions que le film a pu produire sur eux, les élèves ont su rédiger un texte extrêmement vivant, qui témoigne d'un bout à l'autre de leurs étonnements face à une réalité carcérale qu'ils ne connaissent pas et que "Détenues" leur a permis d'approcher. Une critique sincère et juste, moins fouillée que celle de Marseille, mais qui a suscité l’enthousiasme du jury !

* Composé d'Annie Couderc, (inspectrice honoraire de l'Éducation nationale), d’Anne Georget (réalisatrice et présidente du FIPA), de Florence Martin-Kessler (réalisatrice et rédactrice en chef du Live Magazine), de François Ekchajzer (critique à Télérama), d'Hélène Kuhnmunch, (professeure de lettres et d’histoire-géo).



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